Formation des personnes relais "santé mentale"

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Formation-action

 

Les pathologies mentales sont un véritable défi pour les professionnels de la santé et de l'action sociale. Confrontés à des situations difficiles, ces acteurs de première ligne ont un immense besoin d'accompagnement. Ces journées de formation-action leur sont destinées.

C'est le réseau de santé Créteil Solidarité qui organise ces séances de formation. Elles sont destinées aux professionnels de l'action sociale. Qu'ils soient responsables d'un service social d'une municipalité, conseiller social auprès d'un bailleur ou acteur de la prévention, ces professionnels sont en première ligne et pas forcément armés pour affronter ces situations difficiles. Car dans le domaine des maladies mentales, les situations sont souvent très complexes.

Bernard ElghoziC'est le docteur Bernard Elghozi, président du réseau de santé Créteil Solidarité qui anime les journées de formation des personnes relais. Pour cela, il met en mouvement son réseau de spécialistes au service des professionnels désireux d'améliorer leurs connaissances et leurs pratiques. Il nous rappelle que :

"Ces journées de formation sont une véritable école de pratiques, des lieux d'échange et de partage destinés à provoquer la rencontre. L'objectif est de faire intervenir des professionnels et des experts dans des domaines variés afin de croiser les regards et les expériences autour de sujets qui intéressent directement les professionnels qui sont réunis dans la formation. On fait donc de l'analyse de situations complexes, du transfert de méthodes, de savoir, de savoir-faire, de compétences. Ce qui est intéressant c'est la richesse des discours, des parcours et des postures professionnelles et il me semble important de faire entendre à l’ensemble du groupe les expertises des intervenants".

Et force est de constater que les besoins des professionnels en formation sont énormes. Acteurs de première ligne, leur principale difficulté réside dans la capacité à trouver les "bonnes" personnes pour échanger et accompagner leurs démarches. Certaines situations imposent de travailler le médical et le social en même temps alors qu'ils ont des logiques institutionnelles et des temporalités différentes.

Certains médecins se sentent démunis à entrer dans un processus de suivi à domicile, car ils savent qu'ils seront confrontés à des situations difficiles à gérer. Les travailleurs sociaux ont alors beaucoup de mal à trouver des relais médicaux. De plus, la vision de la gravité est vécue différemment selon les personnes. Entre le patient, la famille, le médecin, le travailleur social, il peut y avoir de la discordance d’avis, surtout quand les informations ne sont pas partagées.

Les sujets sont souvent graves, compliqués, douloureux. Mais avec beaucoup d'écoute, de partage d'expérience et une dose de bonne humeur, les journées de formation de Créteil Solidarité épousent pleinement les besoins des professionnels de l'action sociale. Et c'est bien là l'essentiel. D'ailleurs, lorsque l'on pose la question aux participants, les réponses sont unanimes :

Portraits de participants

 

Nabab Mickaelle

 

 

Nabab Mickaelle
Espace Départemental des Solidarités (EDS) - Service Social départemental du Val-de-Marne – Boissy-Saint-Léger

"Je reçois, pour le compte de 3 communes du département, des personnes vulnérables qui ont des problèmes de santé. Je viens me former pour pouvoir mieux analyser les situations d'urgence que je rencontre mais aussi pour m'appuyer sur un réseau et rencontrer des professionnelles médicaux. C'est la deuxième fois que je viens et j'obtiens beaucoup de réponses à mes questions."

 

Myriam Cheyreau

 

 

Myriam Cheyreau
Atelier Santé Ville (ASV) - Service Social – Bonneuil-sur-Marne

"Notre service a pour objet de réduire les inégalités sociales et territoriales en matière de santé. Cela concerne l'accès au soin, la démographie médicale, le sport/santé et plus généralement tout ce qui permet de lutter contre les mécanismes d'exclusion. Cette formation me permet d'avoir une autre approche par rapport aux situations que je rencontre, de décloisonner ma vision, de travailler ensemble pour apporter des réponses co-construites."

 

Isabelle Roustang

 

 

Isabelle Roustang
Permanence d'Accès aux Soins de Santé (PASS) Henri Mondor – Créteil

"Je suis médecin à l'hôpital Henri Mondor où je m'occupe de la PASS médicale avec une infirmière et une assistante sociale. Je trouve très intéressant d'être confrontée à une diversité de participants et à des cas cliniques très différents. Cela me permet de multiplier les manières de voir les choses et de ne pas rester seule. Je m’aperçois que tous le monde rencontre un peu les mêmes difficultés mais que les réponses ne sont pas toujours les mêmes car les situations sont toutes particulières et individuelles."

 

Baya Mameche

 

 

Baya Mameche
Assistante sociale scolaire - Lycée Eugène Delacroix - Académie de Créteil

"J'ai pour mission la lutte contre l'absentéisme, le décrochage scolaire, l'intégration des élèves handicapés avec un volet protection de l'enfance. On me sollicite en interne lorsqu'il y a un problème social, on rencontre de plus en plus d'élèves et de familles fragilisés. On dit que les assistantes sociales sont isolées, moi justement je cherche le réseau, les partenariats, le "travail ensemble". À ces journées de formation, je peux parler de situations bien particulières. Au final, le savoir-faire des intervenants m'aide à mener des actions utiles en faveur des élèves."

 

Emilie Le_Breton

 

 

Émilie Le Breton
Valophis Habitat – Conseillère sociale - Chevilly-Larue

"Je réalise l'accompagnement de locataires en difficulté qu'il y ait une situation d'impayé ou pas ! J'attends de cette formation d'avoir de nouvelles pistes de travail, de pouvoir échanger avec des professionnels ou de futurs partenaires et d'avoir une meilleure connaissance des situations auxquelles je peux être confrontée dans le cadre de mon emploi."

 

Charlotte Labourdette

 

 

Charlotte Labourdette
Chargée de mission Précavir / PASS du CHI Créteil - RVH / Créteil Solidarité / CHIC

"Je suis chargée de mission pour le réseau Précavir qui est un programme de dépistage des hépatites et du VIH. Je suis confrontée à des personnes en grande fragilité dans le cadre de mon travail. Ce sont essentiellement des demandeurs d'asile qui arrivent souvent avec des histoires assez lourdes. Je viens ici pour être plus armée face à la santé mentale et pouvoir repérer le cas échéant, des comportements qui relèvent de la psychiatrie. J'espère aussi pouvoir mieux connaître les acteurs auxquels je pourrais être confrontée."

 

Myriam Moussaoui

 

 

Myriam Moussaoui
Centre Communal d'Action Sociale (CCAS) - Service insertion – Joinville-le-Pont (conseil insertion, emploi et hébergement)

"Je suis travailleur social au sein du CCAS de Joinville-le-Pont et j'interviens à la Maison des solidarités et de l'emploi pour des conseils insertion, emploi et hébergement. Durant la période hivernale, je suis aussi responsable d'un hébergement d'urgence pour des sans domicile fixe. Je suis amenée à rencontrer des personnes qui ont des troubles mentaux. Pour toutes ces raisons, la santé mentale est un domaine sur lequel je souhaite m'informer, me former et confirmer ma pratique. Je suis venue au premier module, je suis là au deuxième et s'il y en a un troisième et un quatrième, j'aimerais y être !"

 

Christiana Freitas-Rodriges

 

 

Christiana Freitas Rodriges
Office Public de l'Habitat (OPH) - Vitry-sur-Seine

"Je suis responsable du suivi social à la ville de Vitry sur Seine et on est confronté, dans l'exercice de notre travail, à des personnes en difficulté et au vieillissement de la population. Dans certains cas, il nous semble détecter des problématiques liées à la santé mentale. Notre souci est de pouvoir apporter la réponse la plus adaptée. Je viens à cette formation pour être en capacité de pouvoir apporter une réponse ou à défaut une orientation à ces personnes en situation d'urgence."

 

Damien Carmona

 

 

Damien Carmona
Médecin addictologue - Drogue et Sociétés – Créteil

"Je suis médecin salarié au sein d'une association qui s'appelle Drogue et Sociétés, je travaille en centre de soins, de prévention et d'addictologie anti-tabac et je suis par ailleurs responsable d'une consultation "jeunes consommateurs". Je vois des jeunes addicts aux opiacés avec un corollaire de précarité et de problèmes de santé mentale. Je viens auprès du réseau Créteil Solidarité pour leur demander conseils concernant des situations qui me posent problème. Je suis demandeur de formation spécifique car cela correspond à ma pratique quotidienne. Cela me permet aussi de rencontrer des partenaires présents et je l'espère des partenaires futurs avec des profils très intéressants."

 Portraits d'intervenants

Barbara Bertini

 

 

Barbara Bertini
Anthropologue de la santé

"Cela fait 5 à 6 ans que je travaille sur les réseaux de santé/précarité. Je suis chargée de faire de la recherche pour mieux comprendre le fonctionnement de ces réseaux et apporter des solutions opérationnelles pour améliorer leurs actions. Mon travail sur ces journées de formation est d'avoir une mémoire active, rétroactive et proactive. Cela nous permet de faire évoluer et d'améliorer ces journées de formation pour aller sur les sujets qui intéressent le plus les participants."

 

Yahia Fliou

 

 

Yahia Fliou
Psychiatre PASS Henri Mondor - Créteil.

"Je suis praticien à Henri Mondor. Je suis affecté à mi-temps aux urgences médicales psychiatriques et à mi-temps psychiatre référent à la PASS. La PASS est une permanence d'accès aux soins pour des gens en situation de précarité avec un trouble mental. Je viens partager mon expérience de psychiatre à l'intérieur de ce réseau et donner une réponse de professionnel de la santé mentale à des questions de société."

 

Alain Mercuel

 

 

Alain Mercuel
Psychiatre - Service d'appui Santé Mentale & Exclusion sociale – Hôpital Sainte-Anne

"Je dirige une équipe mobile psychiatrie / précarité sur le territoire de l'hôpital Saint-Anne. Notre mission est de 3 types : aller à la rencontre de personnes en grande précarité pour évaluer leurs besoins. Travailler avec les partenaires et acteurs dit de première ligne pour les aider dans leurs pratiques et enfin faire l'interface entre les acteurs sociaux et des acteurs sanitaires pour éviter que ces professionnels se renvoient "la patate chaude" et les "indésirables". C'est dans ce cadre que j'interviens ici."

 

Reportage effectué en décembre 2015 par web-reporters.fr